Chaque année c’est la même chose… je sais que chaque année il y a un instant de vide profond. C’est fou tout de même, on vit en ville, pour peu on ferait abstraction complète de son environnement naturel. Tu bosses, tu rentres, tu bouffes, tu dors. Y en a qui appelle cela métro-boulot-dodo. Tu te réjouis parce que tu t’es acheté un ipod, tu hésites entre une mallette et une montre, puis tu tes dis quand même “Ô passion futile, tout n’est que futilité blabla”… Aparté: On ne voit que les vacances comme moment salvateur annuel, béni des dieux et des autres, un moment sacré. C’est vrai. Moi chaque année, j’ai un autre moment salvateur. C’est pas non plus comme si c’était conscient hein, je ne l’attends jamais, mais il me surprend toujours… C’est vrai que cette année, à la différence des autres, j’ai perçu une certaine régularité dans la saison (rapport à l’environnement)….Cette année j’ai compris. Les premières fois je devais avoir 15 ans quelques chose comme ça, au cours d’une ballade dominicale dans les champs de mes lointains souvenirs namurois…, les moutons, la jolie ferme (M. verra bien de quoi je parle) et cette odeur….
C’est cette odeur qui me plonge dans ce vide, mais aujourd’hui que je suis en ville, c’est la lumière qui joue le médium, pourtant je suis certain que si j’avais la possibilité de me transposer là-bas, je sentirais cette odeur (d’ailleurs si quelqu’un a truc (pas le don) de l’ubiquité, merci de le passer, faut pas être égoïste dans la vie et ça me serait bien utile pour aller naviguer trankilou pendant que je fais semblant de bosser là dans la ville), bref, hier j’ai senti, aujourd’hui j’ai vu et le tout m’a plongé dans ce vide, dans un vertige, très court certes, mais comme quand on se sent basculer…
J’aurai dû m’en douter d’ailleurs, mais comme d’habitude je n’ai pas fait attention aux signes précurseurs. Pourtant ce matin, le radiateur c’est mis automatiquement en route…
Chaque année je sens l’automne.
L’automne commence. Magnifique l’automne quand on y pense: l’équinoxe, le vent qui va arriver, les tempêtes qui vont se succéder. Mais l’automne me plonge dans le vide parce que ça annonce l’hiver et du coup je pense à là-haut…dans les montagnes, ça doit être beau l’automne dans les montagnes. Chaque année je me sens coupé en deux, une partie de mon cerveau en forme de petit pois, le cerveau pas la partie, se dit miam va y avoir du vent et l’autre s’humidifie de mélancolie en pensant à la montagne, au givre, au brouillard et aux fines couches de neige qui vont commencer à se déposer (oui je sais les bulldozer sont à l’oeuvre en autriche, pour la fine couche c’est tout de suite plus brutal).
Dans deux semaines, on met les pulls qui grattent, mais aussi les bonnets qui grattent… en sortant de l’eau…
dr
ps. L’explication rationnelle. Acteurs: l’odeur: les cheminées qui se remettent en route et surtout les feuilles qui tombent et commencent à se décomposer. La lumière: photosynthèse qui disparait, soleil moins fort. Mais je ne sais pas pourquoi cette explication m’emmerde profondément… Allez savoir !

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