mercredi 28 novembre 2007

Vendredi 23

Lever aux aurores et direction la Normandie pour une opération sauvetage venteux de la semaine bretonne. Haaaa la solidarité entre gens du nord. On met le cap sur Fécamp. On retrouve les embouteillages sur Rennes. Il pleut, le ciel est bas et lourd.

La voiture pointe son nez sur les routes normandes et dégage les nuages pour laisser place au ciel bleu…entrecoupé de nuages (on fait ce qu’on peut). Dehors les arbres bougent, nous sommes donc sur la bonne piste. On fait notre rentrée sur Fécamp. Pour nos amis lecteurs belges (ou ce qu’il en reste, de la Belgique pas des lecteurs !), cela rappelle vaguement les routes nationales ensoleillées qui mènent à Liège où je n’ai jamais été qu’une ou deux fois dans ma vie. Mais bon, il en va ainsi des impressions, elles marquent… Les maisons sont serrées et s’alignent. La plage de béton s’offre à nous, mais rebute Petzi : vent cross-off, personne à l’eau. Demi-tour et direction le Mcdo et St-Aubain.

St Aubain ? Un charmant camping, une charmante faille dans la roche de calcaire. La plage est de cailloux. La mer est descendante. Une voile est à l’eau. Petzi la rejoint. Pedro se gèle et décide donc de ne pas s’aérer les narines du grand frais marin (NE, cross-off toujours). Première impression : l’eau est plus chaude (le gulf stream paraît-il). Seconde impression : les vagues offrent de beaux tremplins. Une belle session s’ouvre. Le vent prend quelques nœuds. Troisième impression : euphorie généralisée, Petzi tente les forwards… ils tournent. J’écris bien ils tournent, tu remarqueras, ami lecteur chafouin, que je n’ai pas écrit « posent » et pour cause… Quatrième impression : une réalité : une voile éventrée…

Une bien belle session qui vient à point nommé. De retour à Bxl, les commentaires et discussions vont bon train même si on est en voiture…

Une chose est certaine, l’envie de revenir est déjà là…

C'étaient l'expérience bretonne de Pedro et Petzi sur la piste des vieux sioux…aux-branches-des-arbres-qui-ne-poussent-que-dans-une-direction.
A suivre...

Jeudi 22

Surf matinal au spot mythique, mais les vagues sont plutôt molles. Un peu déçu, on va jouer dans le shore break de l'autre côté. On découvre les joies de la thalassothérapie naturelle...
Dans l’après-midi, Pedro fonde l’association de défense des limaces de mer. Il en est le président à vie et dictateur généralissime impitoyable. Petzi et Pedro découvrent Menhir télécom, le seul moyen de communication directe avec Eole… Nous ne sommes pas encore abonnés, mais on lui a parlé.
Tout va bien. On lève les yeux aux ciel, le soleil tape dur sur la tête de nos amis aujourd’hui.

Toujours aussi désespérant, demain la Normandie.

Mercredi 21

En bref : une session, un bord et une vague…Une grosse et belle vague, lisse et creuse. Petzi la surfe avec une voile… Les kites sont à l’eau et tirent parti du peu de vent. Quelques planches sont là aussi. Les mousses sont techniques à passer avec un vent juste limite.

Un peu court tout de même. On regarde les prévisions qui sont assez désespérantes.

Mardi 20

Réveil sous la pluie dont on commence à prendre l’habitude… on regarde notre ami le sémaphore…sa cape républicaine nous indique : venteux. On se décide donc de filer rejoindre le spot. Le vent a toutefois complètement viré à l’est, il nous faut donc passer de l’autre côté, du côté de la baie. On se décide à gréer 5.8 et 5.4… sous la pluie. Une belle houle est occupée à se former, mais la session sera brouillon. Notre ami Kona nous rejoint sur l’eau avec son kite. On discute. Le vent tombe (malin le vent…). On repasse de l’autre côté, aux crevettes, pour « checker les lignes ». Elles sont propres. Petzi se jette à l’eau sous l’objectif de Pedro. Au passage, il aura renfiler sa combi toute mouillée.

Le surf est saisissant de facilité, l’eau est moins froide. Une session bien agréable en somme...

On a fait une belle promenade du côté de la côté sauvage qui porte bien son nom. Elle est bien découpée et plonge dans la mer. Cette dernière s'y creuse des passages secrets digne de Tintin et l'Île noire pour les connaisseurs. On aperçoit au loin quelques têtes noires à l’eau. Surfeurs ou colonie de marsouins ? On court (ils sont mignons n’est-il pas…). On découvre sous nos yeux ébahis une baie digne des plus beaux films de surf. La vague est longue, droite et déroule sans accro si ce n’est un gros rocher planté au beau milieu qui vient faire de la mousse. Une dizaine de surfeurs marsouins sont à l’eau. La vie est tout de même surprenante en Bretagne : au détour d’une falaise, une baie, dans la baie, des vagues et sur les vagues, des surfeurs. Il y a des gens qui vivent vraiment au rythme de l’océan … ou du moins ils entretiennent le mythe. Nous l’avons rencontré en frais ce mythe: nous sommes mardi soir, une belle session de surf après le boulot sur fond de coucher de soleil...

Pedro et Petzi commencent à s’impatienter des conditions, même si on sait où aller surfer, si le cœur sans vent nous en dit.

On rentre à pied de nuit par les petits chemins. Le hameau de Kibernosc est exactement tel que je pouvais me l’imaginer : accroché à la terre face à l’océan, balayé par le vent. Les maisons sont toutes petites, serrées les unes contre les autres. Le village dort déjà…on ne tardera pas

lundi 19

Le drapeau de la République française, du haut du sémaphore de la presqu’île, se tire et s’étire en nous saluant ce matin. On a bien l’impression que le vent est là ! Le petit déjeuner englouti, on charge le matériel. Il pleut, s’arrête de pleuvoir et puis recommence. On va voir la côte sauvage. C’est pour le moins sauvage pour qui est habitué aux plages belgo-néerlandaises. Ici les dunes tombent à pic 10 mètres plus bas ! La côte est magnifique, déchirée, taillant sa roche dans l’océan. Les vagues viennent se fracasser sur les rochers éparses. On respire. On aperçoit une petite maison, quatre murs et pas de toit. On y imagine déjà : se lever le matin, ouvrir les volets et se prendre de l’embrun dans la figure…

Petzi cherche une cagoule. On retrouve la civilisation dans le supermarché de la semaine. Petzi achète une cagoule en se faisant arnaquer sur son prix dont on taira le nom (l’essentiel est qu’elle remplisse son rôle après tout).

On retrouve le spot de la veille. On grée les grandes voiles, on sait jamais. 15 mètres en mer avec une voile et on fonce chercher les surfs. Une belle session sous le soleil se déroule paisiblement. Le swell n’est pas parfait selon les locaux, mais on s’en moque. Chez nous on a que des vagues à vent. On finit la journée avec une bonne bière sur fond de soleil descendant en regardant les surfeurs locaux (le niveau y est).

Un petit tour au port et au centre ville. Les volets sont fermés. Il n’y a pas grand monde et pourtant les grèves ne semblent pas avoir trop d’impact ici. Les fabriques de conditionnement à sardines nous impressionnent. Haaaa l’artisanat touristique.

On attend le vent pour demain en faisant du feu.

Pedro et Petzi sont contents (dans le fond).

Dimanche 18

Après notre arrivée en grande pompe dans la nuit, sous un ciel bien dégagé et –3…-sans commentaire- et après une première nuit dans notre lit breton trop dur et trop petit, la Bretagne, et nous par la même occasion, se réveille sous la pluie, la douceur, mais surtout le vent… Je me disais bien aussi. La nuit j’avais ouvert un œil, celui du surfeur aguerri dans le style vieux sioux sur la piste, et m’étais rendormi aussi vite, mais avec le sommeil béat. Le vent cognait sur les vitres. Au réveil donc, direction la boulangerie pour une baguette. République française oblige. Le café est dans le thermos, le thermos est dans la voiture, on ne peut donc pas se tromper. On croise une voiture avec des surf…on ne se trompe pas : direction les crevettes pour un premier rendez-vous avec l’océan breton (tout est breton ici). Sur la route ce sont des trombes d’eau qui nous tombent dessus. La trilogie vent, vagues et soleil, on l’oublie. On se perd un peu sur les petite routes, mais au détour c’est chaque fois la mer qu’on retrouve. Tout à coup, une aile de kite se dessine au loin. On suit à la trace et on arrive au parking flaqué des crevettes. Il est 10h, il y a plein de monde et je me demande si on est pas trop tard…

La mer est noire et les vagues sont blanches. Tout est en contraste. Les grains s’écrasent. Comme la pluie ne cesse pas et du coup on grée en combi. Hup à l’eau. Dur le contact ! On s’est fait écrasé par les vagues. Le vent tourne, cross-off shore et est capricieux. On altèrne surf et windsurf…résultat moyen au terme de cette première journée.

Les planches sur le toit et les voiles rangées, on pousse jusqu’au spot de Kerhilio en fin de journée. Le temps change vite ici, le ciel se déchire et étire son bleu. Quelques ailes de kite sont encore à l’eau. Les vagues lèvent plus ici.

Pedro et Petzi sont contents et fourbus le soir au coin du feu.

vendredi 16 novembre 2007

épisode 1 l'avant départ

Vendredi 16.

Voilà ! Bagages presque bouclés. Check up mental. Et puis cette lancinante question, taraudant depuis le début de la semaine: y aura-t-il du vent ? Des vagues ? Le guru prévoyait une semaine venteuse... Tout s'est à présent cassé la pipe. Y a plus que windfinder pour espérer quelque chose à se mettre sous la dent. Reste dimanche, voire mardi... De toute façon, faudra bien faire avec.

Demain Pedro arrive du nord avec le char. On charge et direction: la Bretagne, les bignous, les demi-douzaine de nouarmoutier et la baie de quiberon (chercher l'intru). Tout cela après avoir embrassé femme et enfant. A propos, c'est vraiment chouette de me laisser aller profiter de l'océan. Mes crédit-points seront au plus bas en rentrant...


Et ici le temps botte en touche sur le mode hivernal. Il amorce son entrée piquante de froid. J'avais d'ailleurs bien froid la semaine dernière en sortant de l'eau de la mer du nord. La Bretagne a, elle, décidé de prendre un peu plus de temps pour rentrer dans ses couettes hivernales.

Pendant ce temps, là-haut, cela commence à tomber des flocons.... Les transitions saisonières risquent d'être abruptes...Aie, mais ne nous affolons pas

Petzi

épisode 0 avant-propos bretons

Il est une tradition des gens de mer de tenir un carnet, un livre des comptes. En mer, on laisse une trace. Faudrait-il donc là se justifier ou s'expliquer ? Les avions ont les boîtes noires, tiens les trains et les voitures n'ont rien, pourtant ces sont aussi des instruments de voyage... Les individus des petits carnets où se chiffonnent les pensées, les "To do list", "To call", les "ne pas oublier de". Bref, il est dans une certaine mesure commun de laisser aller l'encre au fil de ses pensées ou des ses concrétudes.
Un road trip ! Le dernier en date remonte en 1995. Le Maroc ! J'avais 18 ans tout juste. A cette occasion, j'avais déjà tenté l'expérience de l'écriture approximativement journalière. dernièrement, je m'y suis replongé. Constat: c'est fleur bleue patte de mouche... A croire que je venais d'apprendre à écrire (tant la forme que le contenu).
Aller on y retourne, avec le même enthousiasme de coucher sur papier les clichés de la journée et autre banalités fracassantes. Cette année, en 2007, j'ai eu 30 ans. Les choses changent, encore que...
C'est parti Pedro ?
Petzi